Un répit pour l’économie de proximité
Les entreprises de proximité abordent l’année avec des marges réduites et une activité en recul. Pour Michel Picon, Président de l’U2P, l’adoption du budget 2026 met fin à une période d’instabilité préjudiciable, sans pour autant répondre pleinement aux enjeux de redressement.

Après plusieurs années de turbulences économiques causées par la pandémie, puis la guerre en Ukraine, la hausse des prix des matières premières et l’envolée des coûts de l’énergie ; les petites entreprises sont affaiblies. En effet ces chocs successifs ont comprimé les marges et fragilisé la trésorerie, au point d’alimenter une hausse des défaillances. En 2025, 80% des défaillances recensées concernaient des très petites entreprises.
Pour la troisième année consécutive, l’économie de proximité enregistre une baisse globale, avec un chiffre d’affaires en recul de 1% par rapport à 2024. Le secteur du bâtiment apparaît comme le plus exposé, notamment en raison des hésitations et revirements autour du dispositif MaPrimeRénov’.
Par conséquent, l’adoption du budget 2026 constitue un point de stabilisation important même si toutefois ce budget est « loin d’être satisfaisant », estime Michel Picon car il ne permettra ni de limiter suffisamment le déficit ni de réduire la dette. Si une partie de l’effort contributif pèse sur les entreprises, Michel Picon souligne que les arbitrages rendus sont, dans l’ensemble, plutôt favorables aux petites entreprises.
L’U2P s’est mobilisée pour préserver plusieurs dispositifs essentiels. Le maintien des allègements de charges sur les bas salaires constitue un point central, dans un pays où le coût du travail demeure élevé.
L’U2P se félicite également de la préservation du soutien à l’apprentissage pour la quasi-totalité des entreprises qu’elle représente, rappelant que l’apprentissage est un levier vital pour renouveler les compétences et préparer les chefs d’entreprise de demain.
En outre, contrairement aux entreprises sous forme sociétaire, une majorité d’entreprises de proximité relève largement de l’impôt sur le revenu. Le projet de désindexation du barème sur l’inflation, qui aurait entraîné une hausse mécanique de l’imposition, a été abandonné. Pour l’U2P, cette décision permet d’éviter un alourdissement injustifié dans une période où la pression économique reste forte.
Michel Picon salue par ailleurs la hausse de la prime d’activité, qu’il considère comme un signal encourageant en faveur du travail. Il estime cependant que cette mesure ne peut se substituer à une réforme plus structurelle. L’U2P défend une proposition plus ambitieuse consistant à réduire les cotisations et contributions sociales pesant sur les actifs. Il ne s’agit pas de remettre en cause le modèle de protection sociale français, mais de souligner que son financement repose trop largement sur le travail. Ce choix pèse directement sur le pouvoir d’achat des actifs, qu’ils soient salariés, chefs d’entreprise ou agents publics.
L’U2P plaide donc pour un recours à d’autres sources de financement, un diagnostic largement partagé au sein de la classe politique. Reste à construire un consensus sur les solutions, un sujet déjà identifié comme l’un des thèmes majeurs de la prochaine campagne présidentielle.
