Décrochage de l'économie de proximité au 2ème trimestre
25 août 2026
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Il est urgent de rétablir la confiance des chefs d’entreprise
Alors que l’ensemble de l’économie française affichait une croissance en volume de +0,9 % au second trimestre 2026 par rapport à la même période en 2025, la situation des entreprises de proximité a continué de se dégrader. Leur volume d’activité a ainsi reculé de -1,3 %, après une régression de -0,4 % au premier trimestre. Tous les grands secteurs sont désormais orientés à la baisse, selon l’enquête trimestrielle menée par Xerfi Specific pour l’U2P auprès de 7675 chefs d’entreprise.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que la contraction du chiffre d’affaires global s’est accompagnée d’une dégradation des trésoreries des entreprises et d’un assez large pessimisme concernant les résultats du trimestre suivant, avec 22 % des chefs d’entreprise de proximité qui ont constaté une détérioration de la situation de leur trésorerie (contre 8 % qui font état d’une amélioration), et 20% qui ont anticipé une détérioration de l’activité au cours du 3ème trimestre (contre 9% qui envisageaient une amélioration).
La construction est demeurée le secteur le plus durement frappé, avec un recul de -2,5 % de l’activité en volume au 2ème trimestre. En particulier les artisans des travaux publics, directement frappés par l’épuisement des commandes des communes en raison des élections municipales et par la flambée des coûts de production résultant de la crise au Moyen-Orient, ont accusé une chute de chiffre d’affaires de -12,7 % de leur activité sur un an.
L’alimentation a également connu un printemps difficile, son activité ayant reculé de -2 %, sous l’effet à la fois du repli de l’artisanat et du commerce alimentaire de proximité et de la baisse de l’activité des hôtels-cafés-restaurants.
Les entreprises de la fabrication et des services ont enregistré un recul de -1 %, principalement sous l’effet de la contraction de l’activité des artisans des services (-2,4 %).
Les professions libérales ont davantage résisté mais n’ont pas été épargnées, leur activité affichant un recul de -0,5 %, et cela malgré une progression de +0,4 % du chiffre d’affaires des professions libérales de santé.
L’enquête met également en évidence une différence de résultats importante selon la taille des entreprises. Ainsi, le recul de l’activité a été particulièrement marqué pour les entreprises sans salarié (-2,3 %) et celles employant de 1 à 5 salariés (-1,8 %). Il est resté sous les 1 % pour les entreprises de 6 à 9 salariés (-0,8 %) et les entreprises de 10 salariés et plus (-0,3 %). Une situation qui confirme que les plus petites entreprises ont moins de marges de manœuvre pour faire face aux baisses d’activité.
Ces résultats constituent un signal d’alarme pour l’économie de proximité. Si la précarité de l’activité économique dans les secteurs de l’artisanat, du commerce de proximité et des professions libérales, devait se poursuivre ou s’aggraver, les conséquences seraient lourdes en termes de développement, d’investissement et d’emploi dans les territoires, au détriment de l’ensemble du tissu économique et social.
Dans ce contexte, l’U2P appelle à restaurer les conditions de confiance et de visibilité nécessaires aux chefs d’entreprise, à porter une attention particulière aux entreprises les plus petites aujourd’hui les plus exposées au ralentissement économique, et à pérenniser les entreprises de proximité par une politique de transmission-reprise d’entreprise adaptée.
L’U2P présentera dans les prochaines semaines son programme d’action à destination des candidats à l’élection présidentielle afin qu’ils s’en emparent.
